Compagnie de la Horde Macabre

Origines

Le quatrième messie, le Roi Cornu, était un être particulièrement lié à la nature et il ressentit immédiatement la malfaisance grandissante des oracles de l’île de Vernes. Les oracles étaient un groupe de puissants mages qui régulièrement usaient de rituels complexes pour lire l’avenir. Sollicités par les plus grand seigneurs d’Esagil, ils étaient aussi terriblement riches et influents. Souhaitant profiter de leur position autant que possible, un groupe d’oracle décida d’user de leur pouvoir pour altérer directement le destin et spécifiquement, altérer le leur pour vivre éternellement.

Les forces du destin ne sont pas facilement modifiable et essentiellement la seule énergie suffisamment puissante est le destin d’autres êtres. Plus les altérations sont grandes et durables, plus l’énergie nécessaire sera exponentiellement grande. Pour simplifier, ils utilisèrent de complexes rituels drainant l’énergie vitale de tous les autres êtres de la région pour se l’approprier et combattre l’inévabilité de leur propre mort. Progressivement la nature mourut, puis les animaux et finalement, les habitants de l’île.

Un second groupe d’oracles s’opposa au plan des nécromanciens et usèrent leur propre pouvoir pour protéger en partie les insulaires. Lorsque le quatrième messie et ses troupes arrivèrent sur l’île de Vernes, ils rencontrèrent les mages dissidents et leurs troupes, rendus cadavériques par le rituel nécromantique. Malgré l’apparence de cette “horde macabre”, le Roi Cornu reconnu qu’ils avaient un ennemi commun et ensemble ils purent annihiler les oracles durant une bataille apocalyptique qui englouti l’île de Vernes.

C’est sur le vaisseau amiral de la flotte impériale où les oracles dissidents survivants acceptèrent de continuer à combattre les nécromanciens et autres sorciers maléfiques au nom de l’Unique et la Compagnie de la Horde Macabre étaient née.  

Tactiques et spécificités

Les pouvoirs d’un mage le distance forcément du commun des mortels dont les tribulations mesquines n’ont rien à voir avec ses préoccupations et son empathie vis à vis de créatures inférieures diminue inexorablement. A terme, la poursuite du savoir et du pouvoir l’entraîne sur de sombres chemins où une fin exceptionnelle justifie amplement les moyens les plus vils.

Le spectre de la déchéance des oracles de Vernes n’a cessé de hanter la Compagnie de la Horde Macabre et même si, dans la conscience collective, la Horde Macabre a toujours eu l’image de sinistres érudits retirés du monde gardant jalousement des savoirs interdits, une partie de notre entraînement visait à ne pas perdre notre lien avec le peuple impérial que nous défendions.

La compagnie se divisait en deux parties égales en importance et effectif : mages arcanistes et guerriers alchimistes. Bataillons et escouades étaient toujours composés d’un nombre équivalent de ces deux spécialisations qui travaillaient par paire sur le champ de bataille avec une efficacité prouvée. Martialement, les combattants de la Horde n’étaient pas les meilleurs mais leur connaissances magiques extensives leur donnait un avantage décisif sur la grand majorité de leur ennemis.  L’une des particularités de la Horde était sa connaissance des portails et sa capacité ainsi à poursuivre ses ennemis dans d’autres mondes si nécessaire comme ce fût le cas sur Ur. Personne n’était hors de notre portée.

Je me dois de mentionner l’épisode le plus sombre de la Compagnie et mon rôle dans celui-ci. Alors que la Désolation détruisait Esagil, ses effets ressemblaient grandement aux rituels nécromantiques des oracles de Vernes. Malheureusement la puissance était grandement augmentée et aucune protection, ordinaire ou magique, n’y résistait. Il était impossible de parvenir à la source du phénomène car tout succombait en quelques jours, voire quelques heures.

Un conclave d’arcanistes que je présidais à l’époque a émis alors la théorie que des êtres non-vivants pourraient résister suffisamment longtemps à l’effet de la Désolation pour en trouver la source et la détruire. En 1053, la Désolation avait déjà oblitéré Tyrance et ses royaumes voisins de la carte sans aucun signe de ralentissement. Nous avions les connaissances suffisantes pour retirer la vie de nos corps en y gardant l’animation et l’intelligence, tout en liant nos volontés à un objet unique, la couronne de notre capitaine, pour éviter le contrôle d’un nécromancien.

Le rituel effectué, nous prirent un bateau pour Tyrance et nous cherchâment la source de la Désolation durant 227 années sans succès. Aujourd’hui encore les souvenirs des effets de ce fléau me garde éveillé presque chaque nuit, priant l’Unique que Lûn soit réellement épargnée.

En 1280, alors que nous étions plus qu’une fraction affaiblie, sans espoir, attendant la fin dans les ruines en dissolution d’Esagil, Yazzar a volé la couronne de notre capitaine et a imposé sa volonté sur la nôtre. Il a alors usé des restes de la Compagnie comme sa garde prétorienne jusqu’au jours où, ivre du pouvoir de Nergal dont il possédait le corps, il nous a rendu notre liberté et nous avons pu nous retourner contre l’usurpateur. Ceux dont la vie a été restaurée par Zael se mirent au service du Royaume Unique, du Ministerium et de Lûn. Parmi ceux-ci se trouvent Alban Tulsar, Thaddeus Aurei et moi-même.

– Extrait de « Les Compagnies de l’Unique » par Crosir de Mereal, 1285