Compagnie du Croc Sanglant

Origines

La plus ancienne des Compagnie est celle du Croc Sanglant. A l’époque du Second Messie, le nord boisé de la Sorvine était infesté de cultes offrant des sacrifices à de multiples déités cthroniennes. Selon la légende, La Tigresse était une chasseresse dont le fils avait été sacrifié par des adorateurs à l’un de ces monstres. Traquant et tuant les cultistes dans les forêts ténébreuses, elle regroupa autour d’elle de plus en plus de malheureux cherchant justice ou vengeance.

Lorsque le second messie et ses troupes arrivèrent dans la région, la Tigresse et ses chasseurs avaient déjà annihilé une majeure partie des cultes mais les plus puissants s’étaient retranchés dans leur antre et une guerre d’harcèlement et d’embuscades saignait la Sorvine.

Reconnaissant la souffrance du peuple et la justesse du combat de la Tigresse, le Second Messie lui offrit promptement le soutien de l’Unique et de ses troupes. Initialement peu encline à s’allier à ce qu’elle voyait comme un autre culte, la Tigresse finit par reconnaître en l’Unique et ses suivants une force bénéfique qui pourrait ramener la paix en son pays. Ensemble, ils exterminèrent les cultes, brisèrent leurs autels, brûlèrent leurs idoles et détruisirent leurs connaissances impies.

La menace de cultistes dévoyés prêts à vendre sang et âme à des entités innommables n’était pas limitée à la Sorvine et le Second Messie vit un signe de l’Unique dans sa rencontre avec la Tigresse et ses chasseurs. La région sauvée, il leur demanda de continuer leur combat et de le porter au reste de l’empire. Un pacte fut scellé et la Compagnie du Croc Sanglant était née.

 

Tactiques et spécificités

Le Croc Sanglant ancestral connaissait la valeur d’un assaut rapide et décisif. Le temps est précieux lorsqu’il s’agit de stopper une cérémonie maudite ou de contrecarrer un cultiste gavé du pouvoir de ses maître. Ses ennemis pullulent plus aisément dans les contrées reculées et primitives ou la superstition et l’obscurantisme a une longue tradition. Vêtus d’armures légères, le Croc n’était pas déployé en de larges bataillons prêts pour du combat de ligne mais en petites escouades capables d’opérer indépendamment.  

Au cours des siècles, le Croc Sanglant acquit une réputation de “chasseurs de sorcières”, quelque peu réducteur mais relativement représentatif de leur activité telle que perçue par le peuple. Cette compagnie fût accusée de complaisance avant la conspiration des “Cinq Cabbales”, durant laquelle cinq groupes de démonistes, nécromants, criminels, rebelles et hérétiques se sont alliés pour mettre l’empire a genoux.   

Leur vigilance émoussée par leur succès, le Croc n’avait pas détecté la montée du culte de l’Infini, entité avide et Seigneur des Brumes qui offrait savoir en échange de sacrifice et dont le premier serviteur, Omar Kasran, était un influent membre de l’aristocratie d’Elyse. Ses cultistes étaient généralement des personnes puissantes et subtiles ayant la possibilité de se défendre. Cet ennemi différait des sorcières isolées, perdues dans les montagnes ou les déserts qui avait été la cible du Croc avant les Cabbales.

Le Croc dût s’adapter à un ennemi urbain, élusif, bien connecté avec le monde souterrain et éclaté sur toute la surface d’Esagil. La guerre contre l’Infini serait longue et laisserait des traces permanentes sur cette compagnie. Lorsque le Croc réussi à déloger ses cultistes des villes, ceux-ci fuirent vers le nord, convertissant les cultures locales à la dévotion de leur maître. Ils espéraient gagner un peu de temps nécessaire à l’accomplissement de leurs sombres desseins mais se regrouper étaient la pire erreur possible puisque cela permettait au Croc de les attaquer en force et d’éliminer la menace. Le culte de l’Infini disparût au courant du neuvième siècle.

De son long combat contre des forces indicibles et leurs suppôts, le Croc Sanglant tira des enseignements pratiques à la fois dans leur découverte et leur neutralisation. La guerre contre l’Infini permit au Croc d’obtenir des contacts importants dans la pègre qui leur ont été très utiles pour maintenir leur vigilance. Plusieurs rituels permettant de supprimer le lien entre des serviteurs et leur maître éthéré trouvent leur origine dans les techniques de cette Compagnie.

Au onzième siècle, les rumeurs de la disparition de l’Unique et la venue de la Désolation signifia une éruption massive des cultes hérétiques que le Croc Sanglant serait incapable d’endiguer. A la dissolution de l’empire en 1278, le Croc Sanglant fût libéré de ses obligations et ses survivants embrassèrent une carrière de mercenaires et trouvèrent refuge sur l’île de Lûn jusqu’à la plongée de celle-ci dans les brumes deux ans plus tard.

En 1285, lors de la bataille de Tianne, le Croc Sanglant a rejoint la Phalange Noire. Des rapports troublants font état de corruption profonde dans leurs rangs, voir de possessions démoniaques expliquant la propagation de troupes abyssales et les rumeurs de sacrifices humains ayant lieux dans leurs territoires. Le Commodore Ademar a déclaré l’annexion de leurs domaines au nord-ouest en vertu de leur ancienne allégeance au Royaume Unique et la protection de ses habitants. Malheureusement les troupes de la Militia sont très occupées à la défense des baronnies loyales et les exactions du Croc restent pour l’instant impunies.

– Extrait de « Les Compagnies de l’Unique » par Crosir de Mereal, 1285