La Fin du Monde

L’Île de Lûn faisait autrefois partie du monde d’Esagil. Celui-ci mourut lentement et douloureusement sur une période de trois siècles. Vous trouverez ci-dessous quelques documents relatifs à cet événement.


 

En un millénaire, l’Empire a propagé la parole du Dieu Unique aux quatre coins de ce monde. C’est à notre dévotion et notre courage que nous devons à présent de vivre dans un monde béni. Libéré de l’hérésie, uni dans la félicité et le devoir, cet Empire durera jusqu’à la fin des temps…  

– Extrait du discours du Saint Empereur lors de la célébration du millénaire, 1000

 


 

L’un des rapprochements les plus importants entre les tribus orques et les communautés humaines des îles de Jade débuta en même temps que le  nouveau millénaire. En effet, les shamans orques refusèrent d’un commun accord de célébrer de nouveaux mariages traditionnels tant que, d’après eux, les étoiles n’était pas propices. La situation d’abord pensée comme temporaire s’éternisa et les jeunes couples orques se tournèrent éventuellement vers les prêtres humains pour célébrer leur unions. Aujourd’hui, les îles de Jade sont l’une des communautés les plus métissées et les plus dynamiques de l’Empire et nous pouvons remercier la superstition bornée des shamans pour ces progrès.

– Extrait de « Provinces de l’Empire : Les Îles de Jade » par Alphonse de Graudit, 1011.

 


 

Mon Père,

J’ai le regret de vous annoncer qu’une tragédie a frappé le groupe de missionnaires que vous envoyâtes en expédition le 3.3 Neridor dans les chaînes du Trias.

Mes hommes ont trouvé un jeune malheureux errant dans la forêt à proximité d’Ynir. Ses habits et ses possessions le désignent comme Frère Theodus, acolyte de l’Unique, et votre sceau accompagnait l’ordre de mission que nous avons retrouvé dans sa sacoche.

Je crains que les épreuves qu’ont traversé cet homme aient eu raison de sa santé mentale. Son discours n’est pas intelligible et il ne semble pas être conscient de notre présence. Je le ferai escorter vers votre congrégation dés que cela sera possible.

Gloire à l’Unique,

Paladin Horace de Montville 

– Correspondance du Fort Brise-Phalange, Tyrance Nord, 1024

 


 

L’Unique est parti ! L’Unique est mort ! Quelque soit la vérité il n’est plus là pour vous mener, pauvres brebis aveugles ! Et vous qui l’avez servi avec tant de hargne qu’aucun berger ne voudra plus de vous, vous allez à présent payer le prix de votre folie !

– Extrait du procès de l’hérétique Diacre Biorn , 1030

 


 

Il n’y a de plus insidieux et implacable ennemi que la fierté. Elle est drogue et poison à la fois. Elle aveugle, elle affaiblit et elle tue mais le plus horrible est qu’elle ne se contente pas de vous, non, la fierté consumera tout ce que vous avez chéri. 

Pourquoi ne me suis-je pas inquiétée il y a vingt ans lorsque les nomades des montagnes ont disparu ? J’étais trop fière d’avoir réussi la où mon père avait échoué, à stopper leurs attaques incessantes et d’être la souveraine de l’âge d’or qui suivit pour me soucier de la réelle raison.

Pourquoi n’ai je pas agi lorsque dix ans plus tard nos terres sont lentement devenues infertiles ? Parce que la reine du plus prospère royaume de la Mer Adriale a la fierté de ne pas s’abaisser à se soucier des paysans. S’ils ne pouvaient faire leur travail, alors nos marchands le feraient à leur place !

Et qu’ai je fait lorsque les oiseaux se sont tus, lorsque les arbres sont devenus secs et les enfants ont cessés de se réveiller ? Je n’ai pas fait construire de bateaux,je n’ai pas appelé à l’exode, je n’ai pas sauvé mon peuple…

Et maintenant que la Désolation dévore mes terres et que mes gens tombent morts dans les rues, je ne peux fuir. Non, je périrai avec ma bien-aimée Tyrance. Ma fierté ne demande pas moins.   

– Dernières paroles de la Reine Ania de Tyrance, notées par sa dame de compagnie Antonia de Jorian, 1042

 


 

Grand Commodor, 

Cette missive contient mes observations en date du 4.12 Khalsaire, An de Grâce 1043.

Notre escadre arriva sur les côtes de Tyrance sans encombre, les pirates locaux pourtant réputés intrépides ayant désertés ces eaux. La raison fût immédiatement évidente puisque la situation ici est bien pire qu’en Nessalie et Comarne.

Aussitôt débarqué dans un port entièrement vide, je pris la direction de la capitale à la tête d’une légion et durant la journée de marche nous séparant de notre destination, nous fûmes témoins de la désolation qui affecte ces terres. Les champs étaient vides, les forêts étaient mortes et même l’herbe sous nos pieds tombait en poussière. Aucun bruit ne brisait le silence et les seuls tyrians que nous rencontrâmes étaient morts depuis longtemps, leur corps desséchés étrangement épargnés par la putréfaction.

La capitale n’a rien à voir avec mes souvenirs, c’est une nécropole en ruine.  Parcourant la ville, j’eus l’impression qu’elle devenait de cendre ou de sable, que si je venais à donner un coup à un bâtiment, celui-ci risquait de s’effriter devant moi. Je ne tenta pas de confirmer mon sentiment, redoutant d’avoir raison. Ne trouvant aucun survivant, nous avons rapidement rebroussé chemin.

Je ne comprends pas ce qu’il s’est passé à Tyriance et je crains que cela se reproduise en Nessalie et Comarne. Pire, si la nouvelle de cette tragédie se propage, cela risque de mettre ces contrées affaiblies à feu et à sang et de les achever avant la désolation elle-même. 

J’ai détaché le Téméraire de la flotte afin qu’il vous fasse parvenir ce message tandis que nous continuerons vers Ocino, en espérant que les rumeurs provenant de cette principauté soient fausses. Je comprends que l’éloignement de ces tragédies avec le centre de l’Empire peut minimiser leurs importances aux yeux du Conseil mais j’espère que vous pourrez leur transmettre mes craintes profondes.

Général Veracus

– Correspondance de la Militia, 1043

 


 

 Par décision de l’Empereur et du Conseil, il est désormais interdit de se rendre dans toutes terres au delà de la Mer Adriale, de la Mer des Larmes et de l’Océan Austral, par quel moyen que ce soit, sous peine de mort. Les seules exceptions à ces lois sont les Compagnies de l’Unique, les membres du Ministerium et ceux ayant été agréé par celui-ci. Toute requêtre devra être présentée aux représentants locaux de la Sicaria.

– Edit Impérial, 1052

 


 

Mon Empereur,

Malgré nos efforts, il nous a été impossible de pénétrer suffisamment loin dans la Désolation pour en découvrir la cause et stopper les effets. Cette abomination s’attaque directement à la force vive de mes troupes et les protections magiques traditionnelles sont inefficaces.

Mais la Sainte Compagnie de la Horde Macabre n’abandonnera pas et il est temps que le savoir maudit que nous avons accumulé dans notre combat contre la nécromancie et ses horreurs soit utilisé au bénéfice de l’Empire.

Le Duc de Mereal, appuyé par plusieurs de mes meilleurs mages, pense qu’un rituel permettrait à nos légions de progresser plus loin que n’importe qui d’autre dans la Désolation, au prix d’un tribut ultime que nous sommes prêt à payer au nom de l’Unique.

Je ne vous cache pas que cette solution est anathème mais le luxe de l’hésitation nous a été retiré. La survie des provinces affectées est à ce prix.

Nous ne reviendront que victorieux.

Gloire à l’Unique.

Roi Gunthar Ier, Capitaine de la Horde Macabre

– Correspondance de la Horde Macabre, 1053


 

Nous célébrons aujourd’hui mille et cent années de gloire et de prospérité  dans l’Empire Unique. Ce premier siècle du nouveau millénaire a prouvé une fois encore que seule une dévotion sincère et sans équivoque apporte le salut. Les contrées hérétiques par delà les mers, faussement fidèles au Dieu Unique,  ont été irrémédiablement annihilées par Sa volonté. Mais que les fidèles ne craignent rien.  le coeur de l’Empire, ce bastion de pureté, n’a été nullement affecté par la Désolation et ne le sera jamais tant que notre foi restera forte et sans compromis.

– Extrait du discours du Saint Empereur lors de la célébration du centenaire, 1100

 


Baron,

Veuillez prendre connaissance par la présente de certains événements ayant eu lieu durant la période du Zaeal et du Neridor passé.

Huit familles de fermiers supplémentaires ont demandé à s’installer sur nos terres. Il semble que l’infertilité des terres se propagent dans les baronnies des Marches. Fort heureusement, Teron n’est que très peu affectée et la récolte promet d’être plus importante qu’en 1162.

Un pacte a été conclu avec les baronnies de Dranse et Olais et concerne une assistance mutuelle aussi bien humanitaire que militaire. Des temps difficiles s’approchent et unis nous pourrons résister à la tempête.

Parmi les groupes de pillards qui ont été exterminés, certains prisonniers clament être des fidèles d’un dieu sombre nommé Yazzar qui serait le seul à pouvoir leur apporter le salut face à la Désolation. Comparé à 1167, où seulement un seul culte apocalyptique avait été découvert, j’en ai détruit pas moins de quatre depuis le début de l’année.

Finalement j’ai le plaisir de vous annoncer à la fois mon mariage avec votre fils et votre destitution. Après que vous nous ayez abandonné ainsi que le reste de votre baronnie pour fuir à la Cité Impériale avec vos concubines et tout ce que les coffres contenaient, Hector a prouvé maintes fois qu’il est un homme intelligent et valeureux qui mérite ces terres bien plus que vous.

J’espère que cette nouvelle, ajoutée aux rumeurs que la Désolation s’approcherait rapidement de la Cité de l’Unique avec son avant-garde de meurtres et de pillages, vous trouve dans un état déplorable.

Au plaisir de ne jamais vous revoir,

Chevalier-Intendante Ariane Brossard

– Correspondance Baronnie de Teron, 1168

 


 

Je comprends que pour certains ce jubilé du centenaire soit en partie gâché par les nouvelles de la progression de la Désolation dans les baronnies septentrionales et orientales. Ces nouvelles ne sont malheureusement nullement surprenante tant les rumeurs de cultes déviants et de rebelles blasphématoires sont légions dans ces contrées. Les règles sont pourtant simples, les fidèles ne craignent rien du courroux de l’Unique et ces malheureux ont choisis leur destin. En ce qui concerne la perte de terres arables, la Mercantia m’assure qu’il y aura toujours suffisamment pour nourrir ceux dont la foi est sans faille.

– Extrait du discours du Saint Empereur lors de la célébration du centenaire, 1200

 


 

A l’attention de l’Empereur en exil et de ses Conseillers.

A compter du 9.6 Hogos 1250 et pour l’éternité, les nobles Baronnies de Flide, Grandmarche, Marposet et Vranc ainsi que les honorables Tribus du Croissant Rouge et du Chêne Brisé ont le plaisir d’annoncer leur sécession des pitoyables et décadents restes de l’Empire Unique pour former le Bastion de Pureté.

La Désolation est un fléau divin et emportera tout ceux qui ont offensé l’Unique. Esagil renaîtra une fois que tous les impurs auront été purgés. Le Bastion ferme ses frontière à tous ceux dont la pureté est compromise mais la nouvelle Eglise de l’Unique Pureté peut absoudre ceux qui sont prêt à investir pour leur survie.

Le Bastion survivra à la corruption de l’Empire et verra ses enfants être les prochains souverrains d’Esagil

Grand Maître de Pureté Oris de Norbois

– Déclaration officielle de formation du Bastion de Pureté, 1250

 


Mon ami,

L’Empereur et sa suite se dirigent vers la Forteresse Blanche de Sauroc pour y  prononcer  officiellement la dissolution de l’Empire. Considérant l’état de la Messagerie Impériale, j’ai préféré prendre l’initiative de vous en informer moi-même. 

En ce qui concerne les forces armées, toutes les milices, les légions du Croc Sanglant ainsi que les Ordres militants de Thiers, de Sarell, d’Irion et d’Olana sont libérées de leur service et peuvent profiter du peu de temps qu’ils nous restent comme bon leur semble. 

Je n’ai pas de conseil avisé à vous donner pour la suite mais je peux au moins vous faire part de ce dont parlent les augures : l’Île de Lûn. Pour peu que vous comptiez vous y rendre, je ne vous y rejoindrai pas. Je suis fatigué de fuir et de poursuivre des chimère de salut en terre promise. La Désolation est là pour emporter Esagil, pourquoi cette île du sud serait différente ? 

Personnellement je compte prendre mon armure, mon épée et tous les hommes qui voudront me suivre avant de m’enfoncer dans le coeur de ces provinces rebelles et d’y occire tous les insurgés, occultistes et autres dégénérés que je trouve. L’Empire n’était pas parfait, encore moins sur la fin, mais il méritait que l’on se batte pour le préserver et un vieux paladin comme moi ne peux souhaiter d’autre façon d’en finir.

Gloire à l’Unique !

 Uther

– Correspondance Uther de Sandrin, 1278

 


 

Nirael,

La patrouille est longue mais suffisamment calme pour que je prennes quelques instants pour t’écrire.

Depuis plusieurs jours maintenant les réfugiés ont cessé d’affluer sur l’île mais je pense que c’est pour la seule et unique raison qu’il n’y a plus rien au-delà.

Leurs récits sont terrifiants. Ils ne sont que mort, chaos et atrocités, à croire que cette Désolation était une vague de folie. Loria a suggéré que l’on tue tous les réfugiés et que l’on se préserve ainsi de leur corruption mais Soanal argumenta que c’était à la fois en dessous de nous et surtout trop tard…

Il faut que j’y aille, des aventuriers ont atteint le Temple et apparemment quelque chose s’y passe.

Je confie cette missive à Elnor, en espérant qu’il ne repère aucune souris en chemin et laisse tomber sa mission, littéralement, pour un dîner rapide.

Tyn

– Correspondance Elfe du Bois de Rêves, 1280