Conseils d'interprétation d'un personnage en Grandeur Nature (GN)

Les vieux briscards du Grandeur Nature vont sûrement trouver ce texte vaguement informatif mais nous pensons qu’il peut être intéressant pour un Personnage Joueur (PJ) ou un Personnage Non-Joueur (PNJ) novice.

Quoi qu’il en soit ce texte défini aussi la vision du Grandeur Nature que l’association L’Hydre veut promouvoir à travers Brumes.

1 – Faites des trucs, chercher le jeu.

N’attendez pas que l’aventure vienne à vous. Plus vous faites de choses et mieux c’est pour vous, votre personnage, votre groupe et le GN tout entier. Qu’importe si vous foirez le rituel/quête/mission/négociation au moins vous aurez tenté quelque chose et cela aura donné du jeu à tout le monde. N’ayez jamais peur de tenter le diable. Un GN c’est un jeu relativement court. Si vous hésitez à réaliser quelque chose, faites-le immédiatement car vous n’aurez sûrement pas de deuxième occasion. Ne remettez pas une action à plus tard alors que vous pouvez la faire tout de suite. Si vous êtes PNJ votre boulot principal n’est pas de jouer votre perso (même si c’est déjà bien), mais d’être actif et créatif et surtout d’aidez ceux qui veulent faire des actions tout en jouant votre personnage, votre rôle. Vous verrez ils vous le rendront.

2-  Faites vivre votre personnage ailleurs que dans votre propre tête.

Réalisez bien qu’en dehors de ce que vous montrez aux autres joueurs, votre personnage n’existe pas.  Même si vous avez envoyé aux orgas dix pages de background pour expliquer « O combien » votre personnage est un génie du mal. C’est à vous d’interpréter au mieux votre personnage, de le faire vivre (et peut être mourir). Bref, faites du Role-play.

Si tout le monde vous voit aider la grand-mère machin à traverser la baston vous serez catalogué « bon type » par tout le monde. Par contre si vous vider le ventre d’une femme enceinte au milieu de la place publique, ça risque d’être autre chose question réputation.

Ne comptez pas sur les orgas pour vous tailler une réputation ou transmettre des infos, ces derniers n’ont tout bonnement pas le temps de s’occuper de votre promotion personnelle. Pensez donc (par vous-même!) à prévoir des petites scènes pour donner le ton de votre personnage à votre entourage et aux autres joueurs, à faire vivre le monde, etc…

3- N’essayez pas (trop) d’entraver le jeu des autres.

Faire des trucs c’est bien (c.f point 1), plus vous, ou d’autres en font, mieux c’est. Par extension tenter d’éviter de flinguer le jeu des autres. Par exemple, même si ce sont vos ennemis, ne massacrez pas tout leur espoir d’invoquer le gros démon en brulant le parchemin d’invocation. En tant que gentil vous serez sûrement tout content de massacrer un gros démon par la suite, non ? N’essayez donc pas de décourager qqn de faire quelque chose ou de ruiner une action ou un rituel qui pourrait donner du jeu. Mesurez la portée de vos actions, faites preuve d’anticipation… Il y a toujours moyen de créer du jeu plutôt que de le détruire. Capturez le sorcier, tentez de lui ôter ses pouvoirs, n’est-ce pas plus marrant que de juste le tuer ? Gardez à l’esprit que vous n’êtes jamais tout seul à jouer et que dans nos GN, il n’y a pas de grosse porte sur l’enfer prête à s’ouvrir. Les Brumes et l’île de Lûn sont une espèce de huis-clos géant. Personne n’est blanc ou noir, tout est en nuance de gris.

4- Prenez le contrôle total de votre personnage.

Combien de fois avez vous entendu « mon perso ne ferait jamais ça ». Généralement c’est pour justifier que vous n’avez pas envie ou le courage de faire une action role-play. Alors qu’en fait, si vous voulez faire quelque chose, votre personnage a sûrement une raison de le faire… trouvez là et allez-y. Surtout si cette dernière donne du jeu. Dans le même registre vos personnages peuvent évoluer mentalement/physiquement/psychologiquement. Le type qui ne voulait jamais se marier peut trouver la fille qui changera tout. Même si les orgas vous donnent du background. C’est votre propre histoire au final, donc faites en ce que bon vous semble dans la limite des règles. Un orc peut faire la cour à une elfe … qui vous dit que c’est pas possible ? Il y a même mille manières de rendre cela intéressant. Donc n’écoutez pas les rabats joies qui vous disent « T’es pas un vrai Uruk/Barbares/Space Marine si tu… « .

C’est VOTRE perso vous en faites ce que vous voulez, vous n’avez pas à vous justifier.  Tant que cela ne bousille pas le plaisir de jouer des autres. (c.f. point 3)

5- Sachez reconnaître le “Bleed”.

Le Bleed est une notion de suédois ayant passé trop de temps à réfléchir sur le GN mais en gros : si vous avez peur parce qu’un orc vient de sortir de l’ombre en criant BOOUUH, votre personnage a aussi peur que vous. C’est du Bleed.

Il y a une perméabilité entre votre personnage et vous même. Il faut l’accepter et savoir l’identifier.

Un autre exemple : si ton perso est amoureux d’une elfe, y a des chances que par effet de résonance tu commences a avoir des égares que tu n’aurais pas normalement eu pour cette joueuse, sans forcement avoir des sentiments pour elle mais juste par habitude, par “Bleed”…

« Cette résonance particulière sur soi, c’est l’effet Bleed. Un effet qui existe dès lors que s’installe {*une perméabilité entre le personnage et le joueur, sous la forme d’une émotion}; un sentiment d’inconfort, de doute, de remise en question de soi au travers des situations vécues par le personnage. Ce n’est pas nécessairement un effet néfaste : il peut vous amener à vous conforter dans vos propres valeurs, dans votre propre identité, soulager des doutes préexistants en validant votre propre parcours personnel par l’expérience cathartique d’un parcours différent, celui du personnage. À l’inverse, l’expérience peut vous amener à reconsidérer des pans de votre identité, de vos valeurs, et à les modifier à la lumière d’éléments de réflexion nouveaux, vers une situation plus conforme à vos aspirations véritables et jusque-là inavouées ou déniées.

Sans aller aussi loin, ressentir cet effet peut être une fin satisfaisante en soi : c’est l’adrénaline du parachutiste, l’excitation créatrice de l’auteur pour son œuvre, l’exaltation du sportif qui franchit une nouvelle limite. Flirter avec la limite, se mettre en danger, ressentir vivement, se faire un peu mal, sans remettre pour autant en question tout ce que l’on est, c’est aussi une manifestation de l’effet Bleed. Ce qui éclaire à posteriori le terme anglais Bleed, en français « saigner » : saigner, se faire mal, se blesser, souffrir, se mettre en danger, sans prendre le risque de mourir ou de se détruire pour autant. »

Citation tirée du site ELECTROGN post écrit par Maître Bross. *= rajout de l’auteur

6- Si vous mettez quelqu’un mal à l’aise, faites le premier pas.

Si vous avez remarqué une réaction forte ou surprenante chez quelqu’un par rapport à votre roleplay ou toute autre action durant le jeu. N’attendez pas que quelqu’un d’autre prenne les devants.  Prenez le premier moment possible pour vous enquérir de comment cette personne à perçu votre jeu, pour vous en excuser le cas échéant. Au besoin expliquez vous. Au final vous avez jouez comme vous pensiez que c’était juste, vous pouvez vous être trompé, où être allé trop loin. Le but n’est pas de mettre des gens mal à l’aise et vous devrez clairement plus attentif la prochaine fois. Quoi qu’il en soit EXCUSEZ-VOUS et comprenez que d’autre personne ont des limites différentes que les vôtres et respectez cela.  A l’inverse si qqn ou qqch vous touche plus que de raison. Si une scène dans laquelle vous êtes impliqué ou non va trop loin à votre avis, venez en parler le plus vite possible à un orga. Nous ferons en sorte que cela ne se reproduise plus.

7- N’essayez pas de gagner le GN.

Un Gn ça se gagne pas, ça se vit (sauf pour les membre du croc sanglant). Mieux vaut mourir de manière sympa et avec panache plutôt que de se cacher tout un GN dans l’armoire de la grand mère. Les règles sont là pour mettre un cadre, et non pour être le cadre.

8 – Ne suicidez pas votre personnage.

Ce point là est un spécial barbare. Ne faites pas n’importe quoi au combat avec votre personnage. Charger dans les lignes ennemies c’est pour les types en pagne qui meurent en première ligne. En plus avec l’inertie c’est dangereux ! Dans la vrai vie (pratiquement) AUCUN berserker n’est jamais revenu vivant. Jouer intelligemment, approcher le combat avec l’idée que vous n’êtes pas venus pour y mourir. Fuir/battre en retraite, c’est avoir la possibilité de combattre à nouveau, c’est la possibilité de donner du jeu aux soigneurs. Mieux encore, c’est de la stratégie.

Mourir ça arrive et à ce moment là, faites ça bien ! Mais ce n’est pas LE BUT d’un combat.

9- Des gens pénibles y en a quelques fois.

Si vous en rencontrez, c’est la vie, faites abstraction… L’Ego est une chose particulière en GN, si vous tomber sur un joueur pénible allez faire du roleplay avec d’autre gens plus sympa, ne soufflez pas sur les braises.  Si vous avez le moindre soucis avec un autre joueur ou avec un PNJ allez chercher un orga, nous sommes là pour ça. Ne perdez pas votre temps de jeu à vous prendre la tête.

10 – Un GN c’est toujours trop court.

Profitez un maximum du temps de jeu qui vous est donné. Prenez-en plein les yeux. Dépassez vos peurs, votre timidité. Un GN est une expérience (trop) rare, une espèce de faille temporelle qui s’ouvre sur un monde aux règles bien différentes de notre quotidien. Laissez ce dernier un moment où il se trouve et rentrer dans la danse, laissez-vous porter par votre imaginaire.

11 – Dans un mass larp – vous n’êtes pas exceptionnels, vous le devenez… Eventuellement.

Lorsque votre personnage débute n’essayez pas à tout prix d’etre unique. Pour reprendre mon ami Tyler Duden « Vous n’êtes pas un flocon de neige merveilleux et unique, vous êtes fait de la même substance organique pourrissante que tout le reste, nous sommes la merde de ce monde prête à servir à tout, nous appartenons tous au même tas d’humus en décomposition. »

Tout ca pour dire que l’on devient exceptionnel par ses actes, par son charisme, par de petits détails, par votre role-play;  pas parce que vous avez décidé dans votre Background d’être le fils caché de l’empereur dragon.

Si vous êtes dans un GN à plus de 150 personnes… Tentez de vous intégrer plutôt que de vous démarquer, du moins dans un premier temps.

12 – Fracassez pas vos/nos PNJ

Les PNJ sont des types sympas qui sont d’accord de mettre des costumes dans lesquels ils ne voient rien et ont beaucoup trop chaud pour VOTRE plaisir. Pourtant la vie de ces personnes sympathiques et dévouées au jeu devient purement misèrable lorsque une horde de joueurs leur tombe dessus. Si y a déjà 5 types qui ont tabassé à mort un pauvre PNJ à terre, ne lui foutez pas encore trois coups d’épée/masse/hache dans les côtes histoire d’être certains qu’il est mort.  Dans la même rubrique, les PNJ portent un masque, certes quelques fois effrayant, mais cela ne veut pas dire qu’il faut invariablement leur filer des coups sur la tête. Leur dos, les jambes, les bras sont des cibles tout à fait acceptables surtout lorsqu’ils ne voient pratiquement rien. Pour finir, quelques fois des PNJ ont des choses à vous dire donc ne les frapper pas immédiatement avant même que qu’ils n’aient eu le temps d’ouvrir la bouche. Quelques fois ils pourraient être là pour vous transmettre des informations importantes pour votre propre survie.  Exemple typique « Bonjour on est les orcs mais on a été chassé de nos montagnes par … ARGH »