Chapitre 4 : Le Dieu Cornu

Messies et Empereurs

Chapitre 4 : Le Dieu Cornu

Premier non-humain nommé messie par la première sainte impératrice, celui qui reçut le titre elfique de « Dieu Cornu » vit le début de son mandat plongé dans une polémique, inédite alors, concernant la réalité de sa divinité.

Bien qu’une partie des critiques provenait d’une arrière-garde conservatrice pro-humaine et misogyne, une autre d’une faction de l’écclasiarchie qui avait placé leurs espoirs en l’un de leurs protégés, certains des détracteurs du Dieu Cornu se trouvaient bien placés dans le Collège Impérial.

Parmi eux, Aventus Albinus avançait que ni les pouvoirs, ni l’apparence extraordinaire  du Dieu Cornu n’avaient de lien avec l’Unique et qu’ainsi ces derniers ne pouvaient être considérés comme critères valables par la sainte impératrice Isabella I.

Il avançait que le Dieu Cornu était un « Weldaruïn » ou « Valeruid » selon le dialecte, titre dont l’étymologie est lié au savoir et à la forêt mais dont la réelle nature est bien plus mystérieuse et plus fascinante.

Le Collège Impérial utilise une image simple pour représenter le flux d’énergie magique dans les individus aux élèves de première année : si l’éther et le monde tangible sont séparés et distincts, les âmes des créatures vivantes sont comme des petits trous d’aiguilles dans la paroi, permettant au premier de s’écouler dans le deuxième en remplir les corps. Un mage en formation peut par la méditation et l’entraînement réguler le « débit » de ce « trou ».

Il enseigne en outre que l’âme n’est pas l’exclusivité de la sentience et qu’ainsi animaux et même plantes sont emplis d’énergie magique même si leur quota est généralement limité. Cette simplification est bien sûr grossière mais son fondement est utilisable pour notre sujet.

La deuxième notion est celle d’aura et plus particulièrement le fait que les individus proches et de même nature fondamentale peuvent, dans certains cas particuliers, voir leurs aura s’aligner et même se fondre les unes avec les autres. Ces cas extrêmement rares sont plus souvent rencontrés chez des jumeaux identiques.

Âmes des plantes et fusion d’aura expliqueraient l’apparition des cours féériques, des seigneurs animaux ou sylvestres et des weldaruïns. Dans les trois cas, il s’agirait d’un transfert de puissance naturel de la forêt vers un ou plusieurs individus particulièrement en phase avec leur environnement.

Si les cours féériques et les seigneurs animaux ont des utilisations instinctives de cette puissance dont ils ne comprennent rarement la provenance, les weldaruïns connaissent et recherchent ce qu’ils appellent le « cœur de la forêt ».

Localiser ce cœur n’est pas une chose facile pour les profanes et n’arrive pas par accident mais c’est une étape nécessaire à un contact conscient avec la puissance d’un million d’âmes bourgeonnantes. Il existe plusieurs façons d’y parvenir tel l’enchantement d’une personne ou d’un objet pour cette tâche précise. Volonté, énergie et harmonisation avec la forêt sont des composantes nécessaires.

La seconde étape est le contact lui-même et l’accord avec le Cœur. Ce nexus d’énergie serait d’une conscience généralement proportionnelle à sa puissance. Avec rituels et méditations, un weldaruïn liera son âme à celle de la forêt, obtenant ainsi des pouvoirs extraordinaires et l’accès à une réserve magique d’une puissance rêvée par le commun des mortels.

En général un weldaruïn ne peut se lier qu’avec un seul cœur mais rien ne l’empêche de se déplacer, de communiquer avec d’autres et d’user de leur puissance avec leur permission. Ainsi durant sa vie, le Quatrième Messie a beaucoup voyagé de forêt en forêt et bien que ses prédécesseurs ont convertis plus de païens au culte de l’Unique, il a convaincu beaucoup plus de races différentes à le rejoindre, ouvrant ainsi une nouvelle ère à la propagation de l’église parmi les peuples d’Esagil.

Plusieurs légendes décrivent ses combats sylvestres, détruisant la corruption et restaurant la vitalité au nom de l’Unique et avec l’aide de la forêt elle-même.  Très aimé, il s’est éteint après l’incendie magique qui ravagea son domaine d’origine et le priva de sa source de vie. Son agonie fût l’une des plus grandes tragédies de l’empire antique.

Ce dernier élément semble confirmer la nature de weldaruïn du Dieu Cornu, donne crédence à l’accusation d’Albinus et pose la question du pouvoirs des messies, de leur origine et de leur place.

 

 

 

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