Guérir de la dépendance aux potions de Mana

 

Addictions et dépendances : une étude des effets de l’abus de l’alchimie sur l’organisme.

Par le Sérénissime Herboriste Luontaistu Otekauppias

Le commun des mortel a depuis toujours été témoin des ravages que peuvent causer les drogues et la boisson. Qui n’a jamais été le spectateur du triste spectacle d’un marin titubant sur les docks au petit matin, vidant ses tripes dans la mer quand il n’y tombait pas lui-même? Mais même si ces substances sont dures à oublier, cela n’est rien face aux difficultés auxquelles se trouvent ceux qui ont développé une dépendance à une substance magique.

Certains de ces malheureux ont été trop longtemps en contact avec un artefact diffusant de la puissance magique, d’autres ont tenté de se mithridatiser face à des poisons magiques, d’autres enfin ont abusé – sciemment ou non – de potion pour augmenter leur capacités. Dans tous les cas, ces êtres deviennent l’ombre de ce qu’ils ont été: ne pouvant plus penser à autre chose qu’à leur substance préférée tant qu’ils n’ont pas consommé la dose régulièrement nécessaire à leur bien être.

Pour une substance normale, un sevrage progressif puis un éloignement prolongé de la substance semble être la meilleure technique. Pour un effet magique, malheureusement, la dépendance ne peut aller qu’en s’aggravant, l’organisme semblant magiquement altéré par la dépendance elle-même. Certains cas extrême ont été constaté chez des mages ayant abusé des potions de Mana: ceux-ci sont devenu des êtres pitoyable à l’esprit irrémédiablement en ruine, obligé de consommer en un jour plus de potions qu’un homme normal ne boit d’eau ou de bière dans le même temps. Et encore, cette dose leur permettait tout juste d’arrêter d’hurler d’incompréhensibles sons désarticulés dans leur folie, aucune de leurs facultés mentales ne semblait revenir à leur esprit.

Au fil des siècles, de nombreuses tentatives ont été faites pour trouver une solution à ce terrible fléau. Ni la torture, ni le contrôle de l’esprit par la magie, ni même la mort suivie d’une résurrection n’ont permis de guérir les malades de leur affliction. Aussi étonnant que ce soit pour un mal qui fractionne l’âme du malade, il semblerait que la seule solution soit justement de temporairement augmenter la fragmentation de cette âme. Les seuls effets probants ont en effet été trouvés lorsqu’une partie des sens même de la personne lui furent enlevés magiquement avant d’être utilisés pour concocter une potion administrée au patient. Je n’ai malheureusement pas pu découvrir par quelle technique on pouvait « absorber » les sens d’un être plutôt que simplement l’en priver temporairement ou définitivement, mais il existe sûrement dans l’un des recoins de l’univers un artefact ou des recettes capable d’un tel prodige.