1013 CU – Manuel d'invocation des Créatures Primaires

Manuel d’invocation de Créatures Primaires

Par Sir Henri Leclerc, chevalier templier de l’Unique

1013ème année du Calendrier de l’Unique 

Les archives de la Légion Infernale ont été brûlées voilà une semaine… nous privant ainsi du précieux savoir accumulé pendant des siècles sur la démonologie. Depuis que l’Unique nous a laissé, cette magie est notre seul recours.

Voilà trois jours, j’ai entrepris l’invocation d’un Batezu appartenant au plan des Abysses. Des heures durant, j’ai tracé, effacé, peaufiné les courbes et les lignes de mon cercle de rituel. J’en remercie aujourd’hui mon ancien mentor qui m’a enseigné l’art de la minutie et du perfectionnisme. Puis, le Batezu est apparu. Puissant, impressionnant : il faisait plus de deux fois ma taille. Comme je l’avais prévu, il n’était pas prêt à négocier. J’étais loin, très loin de l’impressionner. Pendant une heure, il n’a eu de cesse de tenter de mettre les pieds hors de mon cercle de rituel pour – selon ses dires – m’arracher la colonne vertébrale.

Une fois cette heure écoulée, il n’y était toujours pas parvenu. Ni mon esprit ni mon cercle n’avaient flanché. L’adrénaline emplissait mon corps et m’aidait à ne pas ressentir la fatigue. L’Eau de l’Unique que j’avais apportée a commencé à le convaincre. Une goutte versée sur sa peau aurait probablement formé un trou morbide. Néanmoins, la création d’une telle potion est des plus ardues. Elle m’a coûté de nombreuses heures penché au-dessus des effluves de mes fioles. Une fois créée, on ne l’utilise pas comme des gouttes de rosée.

Il était enfin décidé à discuter. A l’annonce du prix, je réprouvai un sentiment de découragement. Peu m’importait! Je me devais, pour mes frères, de trouver une source de puissance capable de maintenir l’Empire… Maintenant que l’Unique s’en était allé.

Maudit soit son nom !

Laissez-moi tenter de retranscrire les explications du Batezu. Voici comment procéder pour invoquer une Créature de Magie Primaire et la lier par un contrat.

I. Mettre un nom sur un visage

Vous ne pourrez rien entreprendre sans un nom! Commencez par l’écrire sur un parchemin ou un autre support. La procédure ne change en rien, qu’il s’agisse d’une créature extérieure ou originaire de votre propre monde.

Un simple nom, me direz-vous. Lorsque j’étais encore un jeune apprenti, c’était ce que je croyais aussi. A force d’expérience, je sais désormais qu’il s’agit d’une tâche ardue. Il faut être obstiné et rusé pour en obtenir un. Il est très rare qu’une Créature Primaire soit assez sotte pour révéler consciemment son véritable nom.

Néanmoins, il existe quelques anciens grimoires et livres qui renferment d’anciens et puissants noms. D’autres ouvrages, comme le Premier Livre de l’Unique, peuvent même vous révéler des coordonnées. Vous pourrez ainsi vous rendre en des lieux perdus au-delà des plans. Vous pourrez y tenter de convaincre des créatures de vous donner leur nom… en échange de services et autres offrandes alléchantes. Il me paraît fou de procéder ainsi. Un travail aussi pré-mâché mène parfois à une sous-préparation du mage. Veillez à bien étudier votre voyage avant de vous lancer tête baissée.

II. Ne jamais sous-estimer la protection

Le cercle de protection est indispensable. Les manuels nous enseignent que plus la créature est puissante et plus le cercle doit être résistant. Mais ce ne sont pas là les mots de mages perfectionnistes. Peu m’importe la puissance du monstre, sa cage doit être infaillible. Je vous laisse maître de votre destin, quitte à ce que vous y perdiez votre gorge.

Un cercle de protection peut être tracé de plusieurs manières. La plus courante – et très souvent utilisée en extérieur – est la poudre d’os. Cependant, de la simple farine peut faire l’affaire – même si elle est moins puissante. Vous n’êtes pas sans savoir que la farine et la poudre d’os sont volatiles. Veillez à en placer assez : un coup de vent ouvrant une brèche dans le cercle n’est jamais bienvenu. En intérieur, je ne peux que vous recommander de graver votre cercle dans le sol. Il s’agit du moyen le plus fiable. Le seul inconvénient est qu’il ne peut être corrigé… Soyez sûr de votre traçage.

Certaines rumeurs prétendent que le cercle de rituel le plus puissant serait tracé avec du sang. Il est vrai que le sang est considéré, dans le cas de la magie noire, comme un composant de rituel extrêmement puissant. Il paraîtrait que celui d’un donneur volontaire serait d’une pureté inégalable. Attendez-vous à ce qu’il meure si le cercle dépasse un mètre de diamètre. N’oubliez pas non plus que le ou les participants – mages – au rituel ne doivent pas être affaiblis. Les priver d’une quantité de leur sang pourrait faire échouer votre expérience.

Il y a de cela dix ans, j’ai assisté à un rituel mal mené. Le pauvre Gitter avait, par mégarde, posé le bout de son pied sur une des lignes du cercle. La brèche dans la poudre d’os ne faisait guère plus d’un millimètre. Le démon n’a pas pu sortir, heureusement pour nous. Mais Gitter, paix à son âme, a été tiré par le bout du pied. Le démon lui a fait subir les plus cruelles tortures sous nos yeux. Autant vous dire que nous n’étions plus en position de négocier… Je crois que le démon est parti après que nous ayons tous fui. Toujours est-il que lorsque nous y sommes retournés, il n’y avait plus que le corps de Gitter.  

III. Hiérarchie et structure sociale des habitants des Abysses

Chaque démon suit une allégeance bien particulière. Certains sont attirés par la trahison, la corruption, la pestilence, le dédain, les mystères, la magie, le dégoût, la décrépitude ou l’intrigue. Ils se regroupent sous le nom de Souilleurs. D’autres, les Violeurs, s’adonnent aux violences, à la luxure, à la vengeances, au sang, à la folie, au chaos, à la haine et à la vie. Les derniers sont plus avides et attirés par les objets magiques, l’or, l’illusion, l’envie, l’espoir, les biens matériels, le pouvoir, l’asservissement, les charmes et la tromperie. Ces beaux-parleurs sont les Outrageurs.

Les démons, qu’ils appartiennent à l’une ou l’autre de ces catégories, possèdent les mêmes facultés.

Comme des parasites, ils peuvent s’incarner dans des corps humains. Leur incarnation est parfaite, ils ressemblent à de véritables hommes ou femmes. Parfois, dans les premières heures de la transformation, le démon se comporte de façon étrange. Il adopte des comportements sociaux peu appropriés, fait des gestes brusques, a une démarche plutôt étrange. C’est le temps qu’il lui faut pour appréhender sa nouvelle enveloppe. Il n’est pas facile de se rendre compte qu’on ne fait plus deux mètres cinquante. Rappelez-vous comme tout vous semblait inatteignable quand vous n’aviez que dix ans.

Les démons peuvent tous passer des contrats avec des humains. Leur puissance dépend de deux choses : leur zone d’influence et leur place dans la hiérarchie démoniaque. C’est ainsi qu’ils peuvent trouver des humains à posséder.

Comme vous le savez maintenant, tout démon peut être convoqué, à condition que le magicien connaisse son véritable nom.

Pour augmenter leur puissance, les démons offrent souvent des artefacts aux humains. Ces artefacts, si on leur voue un culte, aident à gravir les échelons de la hiérarchie démoniaque. La hiérarchie démoniaque est, par conséquent, une information qu’il ne faut pas prendre à la légère. On n’invoque pas un démon duc pour lui demander le secret du sortilège de sommeil. Il y a des règles à respecter. Les démons n’aiment pas être sous-estimés.

Les démons mineurs sont les moins puissants. Dans l’Éther, ils sont souvent les faire-valoir des démons marquis ou chevaliers. Cela ne les empêche pas de pouvoir être convoqués. Néanmoins, ils ne peuvent pas vous octroyer de puissants présents. Ils peuvent vous renseigner sur des choses futiles et souvent connues de tous. Yazrel est l’un des démons mineurs. En tant que sous-fifre de Zrav, un démon marquis, il a la lourde tâche de souffler sur les braises du grand feu devant son trône. Lorsque je l’ai aperçu, j’ai pu voir que ses sourcils en avaient gravement souffert.

Viennent ensuite les démons soldats. Comme leur nom l’indique, ces démons composent le gros des troupes de l’armée de l’Éther. Les démons soldats, aussi appelés Brutes, sont les plus nombreux. Il y a de cela 170 ans, nombre d’entre eux avaient pris possession de corps humains et livré bataille contre les mages de notre monde. Selon les rumeurs, les démons soldats seraient, à eux seuls, aussi nombreux que la moitié des habitants de notre monde.

Les démons chevaliers ou démons marquis sont des guerriers hors pair. Ils comptent parmi les démons les plus difficiles à battre en duel. Les démons chevaliers sont peu enclins à partager leur savoir magique. Ils peuvent vous aider à vous perfectionner dans l’art du combat. Ils seront aussi alléchés par les missions de meurtre. Néanmoins, il ne faut pas leur demander d’être discrets ou subtiles.

Les démons barons marquent l’entrée dans la noblesse démoniaque. Néanmoins, leur sphère d’influence reste restreinte. Ils auront une bonne connaissance des trois statuts inférieurs. Certains nomment ces démons les démons des croisées.

Les démons marquis sont des commandants militaires. Ils dirigent souvent une petite troupe de démons chevaliers.

Les démons comtes sont spécialisés dans la possession du corps des morts. Néanmoins, les ducs et les empereurs s’amusent parfois à leur montrer qu’il maîtrisent mieux cet art.

Les démons ducs sont souvent d’une cruauté sans bornes. Ils sont d’ailleurs plus fourbes et cruels que les démons empereurs. La raison est simple : les démons ducs veulent gravir le dernier échelon de la hiérarchie démoniaque. Ainsi, ils essaient de manipuler le plus d’âmes humaines possible et aiment qu’on leur voue des cultes spectaculaires.  

Les démons empereurs sont les plus puissants d’entre tous. Nul ne doit les invoquer sans une raison à la hauteur de leur statut. Inutile de les invoquer si vous n’êtes pas prêts à payer le prix fort : votre vie, votre âme, un artefact d’une extrême puissance. Les démons empereurs sont les moins connus de tous. Rares sont ceux qui ont osé les convoquer, même en connaissant leur nom.

V. Négocier

On n’invoque jamais une créature extérieure sans savoir pourquoi. La magie, ce n’est pas comme l’artisanat. On ne se lève pas en se disant : “tiens, si j’invoquais une créature d’une extrême puissance cet après-midi?”. Vous devez avoir un objectif, une chose que vous voulez savoir ou posséder. Une chose pour laquelle vous voulez négocier.

La négociation avec une créature, démoniaque ou non, est souvent un combat ardu. Il faut savoir manier l’art de la rhétorique et du lyrisme. Si vous n’avez pas grand-chose à lui offrir, préférez les moyens de pression. Le Batezu m’a confié que la menace de laisser pourrir le démon au milieu du cercle de rituel était souvent fructueuse. Il est vrai que l’ennui est souvent mortel dans un espace exigu. Néanmoins, je doute que le meilleur des cercles de rituel puisse tenir indéfiniment. J’ai noté, après le renvoi du Batezu, que le mien aurait pu tenir encore six heures, tout au plus.

Vous pourrez aussi user de la torture à l’aide d’eau bénite, de sortilèges ou d’autres objets magiques. Dans certains cas, la musique peut être un excellent moyen de persuasion. Veillez, cependant, à ce que le démon invoqué ne soit pas un grand adepte des plaisirs sanguinolents. La torture le renforcerait plus qu’elle ne l’affaiblirait.

IV. Donner votre âme, pas à n’importe quel prix

Il y a différents degrés de demande. Le prix à payer sera moins lourd si le magicien cherche à nourrir son savoir que s’il enjoint un démon d’intervenir hors de l’Éther. Quelques exemples vont vous permettre de mieux comprendre la valeur de votre demande.

Connaître le nom d’un démon ne vaut pas plus qu’un jour de servitude, qu’une fiole de sang ou que l’emprunt de votre corps pendant une heure. Lui demander de tuer quelqu’un de votre monde peut vous mener à la perte de votre force magique, à lui apporter plusieurs artefacts de grande valeur ou à l’emprunt de votre corps pendant un an. Lui demander de tuer un démon pourra vous contraindre à l’abandon pur et simple de votre corps pour 20 années, voire à votre mort – pour un démon Empereur.

VI. De l’invocation d’autres créatures que les démons

Jusqu’ici je n’ai parlé que de l’invocation de démons. La raison en est simple : ces créatures sont certainement les plus invoquées dans notre monde. Ce sont des créatures puissantes et fascinantes à étudier.

Néanmoins, l’invocation d’autres Créatures Primaires est possible. Le processus ne diffère pas. Il faut toujours connaître leur nom. Le traçage du cercle de protection est toujours important. Bien entendu, une fée qui s’échappe d’un cercle fera moins de dégâts qu’un Batezu. Il est aussi nécessaire de savoir pourquoi on la convoque et ce que l’on veut obtenir d’elle.

Vous pourrez ainsi invoquer une dryade, une fée, un satyre et toute autre créature issue de la Magie Primaire. Néanmoins, ne vous attendez pas aux mêmes gains qu’avec une créature démoniaque. Les fées et autres créatures sont moins puissantes. Elles ne vous offriront pas autant de puissance ou de savoir.

Si vous débutez dans l’art de l’invocation – car ceci est un art, à n’en point douter – il est préférable de se tourner vers ces créatures. Mon cher ami Armond a invoqué une fée dans sa jeunesse. Il avait besoin d’elle pour lui rendre une bourse d’or volée par des bandits. Certes, c’est une basse besogne, mais la fée était ravie de pouvoir l’aider. En échange, elle lui a seulement demandé un beau bijou. Firumiel porte toujours ce magnifique médaillon doré. On peut y voir une gravure : AH, Armond Himel.

VII. De l’asservissement

Des mages fous espèrent toujours obtenir des pouvoirs incommensurables. Pactiser avec un démon, comme vous le savez, nécessite une contre-partie. Ces mages fous prétendent qu’au lieu de pactiser, mieux vaut asservir.

Asservir, un doux rêve. Nombres de magiciens s’y sont essayés sans y parvenir. Une tentative vaine mène à la mort. Lorsque j’ai parlé au Batezu, j’ai compris l’erreur que beaucoup ont commise. Ils n’ont pas assez affaibli le démon avant de pratiquer le rituel d’asservissement.

Selon le Batezu, l’asservissement ne serait pas qu’un conte pour démons mineurs. Dans l’histoire démoniaque, cela est arrivé une centaine de fois. Ne déduisez pas qu’il s’agit d’une chose courante : une centaine de fois sur 3000 ans d’histoire n’est pas si fréquent. D’après lui, un ancien mage dénommé Farel fut le premier à user de l’asservissement. Il convoqua un démon marquis – il faut déjà avoir un sacré cran, à moins de ne pas tenir beaucoup à la vie. Son cercle de rituel était d’une perfection inégalable, tracé avec le sang de l’un de ses apprentis. Le malheureux mourut à peine le cercle terminé. S’en suivi une scène épique : Farel provoqua le démon marquis en duel! Devant les yeux ébahis du démon, il racla la poudre d’os et lui demanda d’approcher. Le combat fut long et chaotique. Un hectare entier de forêt fut dévasté. Mais Farel en sortit vainqueur. Il put alors mener un rituel d’asservissement. Le démon ayant ravalé sa fierté, il est plus simple de le rendre esclave.

Toutefois, il faut être un magicien plus qu’expérimenté. Même en connaissant ce secret, la réussite ne dépend pas que de vous. Ne tentez pas cela pour vous amuser. Il ne faut en user qu’en cas d’extrême urgence. N’en abusez pas. Le village nommé Hurgel a été dévasté lorsqu’un de ses magiciens est sorti perdant de son combat.

VIII. De l’assimilation

L’assimilation reste, elle, un doux rêve pour les magiciens bien rodés. Certains anciens écrits évoqueraient son existence. Pour ma part, j’émets quelques doutes. Je suppose que pour assimiler toute la puissance d’un démon, il ne faut pas être humain. Deux théories existent et divergent.

La première affirme que lorsqu’on assimile les pouvoirs d’un grand démon, on prend aussi possession de son corps. Il s’agit alors d’un couronnement de puissance accompagné d’un cadeau empoisonné. En effet, celui qui entrera dans le corps d’un démon devra alors se plier aux lois de l’Éther. Son âme n’appartiendra plus au plan matériel mais à celui des Enfers. Tout comme un démon, il sera “emprisonné” là et ne pourra en sortir que s’il est convoqué. Il ne s’agit que de sombres rumeurs, mais le prix à payer est, pour moi, plus affreux que la mort elle-même.

La seconde clame que le jeu de l’assimilation n’est pratiqué que par les Dieux et autres sous-divinités. Personne d’autre ne serait assez puissant. Selon cette théorie, les divinités ne prendraient pas le corps des démons. Ils absorberaient seulement leur puissance.

IX. Rompre un contrat

Il arrive souvent qu’un magicien regrette le pacte conclu à peine la créature retournée dans son plan. Bien mal lui en a pris car rompre un contrat avec une Créature Primaire n’est pas chose facile. Il faut alors bien savoir si le jeu en vaut la chandelle. La possibilité d’une peine de servitude, qu’elle soit d’une semaine ou de vingt ans, n’est pas une chose à prendre à la légère. Le bruit court qu’un jeune mage au coeur brisé aurait demandé à un démon de le venger de sa bien-aimée en la tuant. Le pacte conclu dictait que le mage devrait servir le démon durant six mois à compter du jour de la mort de la jeune femme. Lorsque ce jour arriva, le jeune mage était déjà au bras d’une autre. Il ne pensait plus à sa promesse. Il disparut un soir, sans laisser un mot derrière lui. Sa jeune fiancée le chercha partout. Elle alla en forêt, seule. Des bandits la tuèrent sur le chemin. Ainsi, lorsque le mage revint six mois plus tard, il dû porter la mort de deux femmes sur sa conscience.

Rendez-vous compte de sa vie alors qu’il n’a même pas brisé ce maudit contrat! Les conséquences de la rupture d’un contrat peuvent – et sont presque toujours – funestes. Si vous ne parvenez pas à le rompre, ou que le démon s’aperçoit de votre tentative, vous mourrez. Votre âme s’extraira de votre corps et finira dans l’infini – et peu connu – vide. Vous errerez ainsi éternellement. Parfois conscient, parfois inconscient, vous ne serez plus qu’une vague lueur évoluant sans but précis.  

La Société des Affaires Spectrales – ne vous avisez pas de dire SAS – est spécialisée dans le recouvrement et le paiement de contrat. Selon des rumeurs, en eux résiderait la seule possibilité de rupture de contrat. Si vous réagissez suffisamment rapidement, il se peut que votre fiche ne finisse jamais dans leur bureau. Pas vu, pas pris. Le démon n’aura alors aucune emprise sur vous. En effet, lors de la signature du contrat, le démon vous demandera certainement un cheveu, une goutte de sang – ou un membre pour les plus tordus – pour le garder avec le contrat. Ainsi, si vous tentez de vous soustraire aux conséquences du pacte, le démon pourra vous localiser facilement. Arrangez-vous donc pour récupérer le contrat et votre “bien personnel”. Cela dit, cela n’empêchera pas le démon de vous traquer indéfiniment.

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