Liber Demonis

Liber Demonis 

Notes d’un étudiant prises lors d’un cours donné par le professeur de démonologie appliquée du CU.

A l’origine, tout démon était un être vivant. Ce qui les différencie de manière notable de vous et moi, c’est qu’ils sont passés par la case « mort ». Pour une raison ou une autre, leur âme fut condamnée/récompensée en étant envoyée dans l’un des Plans Extérieurs que les mortels nomment « enfers » à savoir le Pandémonium, les Abysses et quelques autres plans clairement pas sympas pour le tourisme.

Pour ceux qui n’ont pas suivi le cours du professeur de la section de magie des Hautes Energies. Une âme, c’est un peu comme une petite impulsion magique. Elle est capable de fournir une petite dose d’énergie et, de fait, nombreux sont ceux qui s’intéressent à contrôler le flux des morts. C’est d’ailleurs le principe de base de la Nécromancie, mais ce n’est pas le sujet du cours actuel.

Incarnés d’abord en larves, puis consommés par les autres démons au fil des réincarnations, les nouveaux démons se retrouvent avec un corps difforme, des griffes et des cornes. Ils sont considérés alors comme des diablotins ou des démonets. Pour eux commencent les grandes batailles.

Durant cette phase, les démons développent leur physique et leur capacité martiale pour certains ; d’autre jouent de ruse et d’intelligence pour imposer leurs plans retors. Le but de ce jeu n’est pas de gagner ou de perdre une bataille, mais bien de se faire remarquer par les démons plus puissants qui regardent les grandes batailles comme un divertissement vaguement ennuyeux.

Ces spectateurs sont ce que nous appelons communément « démons ». Ils sont investis du pouvoir des contrats. Grâce à ces derniers, ils font signer des pactes aux diablotins afin de s’assurer des serviteurs fidèles et s’occupent de les former, de les entraîner et d’en faire ce que bon leur semble. A ce niveau, la société des démons est un imbroglio de pactes qui tissent des intrigues extrêmement complexes. Ne pas tomber sous la coupe d’un rival est une lutte de tous les jours pour ces démons. Au final, le démon se rend vite compte que ce n’est une question de temps avant qu’un rival n’arrive par chance ou autre à prendre sa place.

La seule possibilité est donc de fuir de leur enfer avant de retomber de l’échelle sociale. A partir de là, tous les plans sont permis, des plus fous aux plus audacieux. On dirait que l’imagination des démons n’a pas de limite lorsqu’il s’agit de trouver un moyen de quitter leur Plan Infernal.

Un exemple : Il n’est pas rare qu’un livre mentionnant les rituels d’invocation et les noms de certains démons soient écrits par le démon lui-même. Ce dernier voyant en l’invocation une porte de sortie avant toute chose.

Cela dit, au fil des siècles, certains sont devenus des spécialistes et peuvent voyager un peu à leur guise entre les plans. On nomme ces démons des démons des chemins ou encore démons des croisées.

D’autres sont moins doués ou ont moins de chance et se perdent dans l’Éther ou finissent sur des plans complètement inhospitaliers.

Quoi qu’il en soit, une fois qu’un démon parvient à se faire invoquer ou à trouver un passage vers un monde plus sympa, il va tenter d’utiliser sa capacité à faire des pactes afin de rester un maximum de temps sur le monde en question. Il a à sa disposition des milliers d’années d’expérience et est prêt à donner une partie de cette dernière contre des services. Les invocateurs peuvent aussi vouloir obtenir des services particuliers, certains démons étant capables de changer de forme ou de prendre le corps de n’importe quel être vivant, d’autres étant de formidables machines à tuer.

Cependant, un démon n’aime pas trop se faire détruire son enveloppe charnelle sur un plan d’accueil. Dans beaucoup de cas, cela signifie pour lui un retour aux Enfers et la joie de retrouver ses petits camarades qui n’auront sûrement pas attendu son retour pour prendre sa place.

A noter que les démons des croisées n’ont pas eu trop de soucis à se faire, il leur suffit de reprendre quelques forces avant de retourner par eux-mêmes sur le plan de leur choix. 

Le rituel d’invocation :

Ce sera l’objet des 6 prochains cours pratiques donnés par mes assistants. Cependant, voici quelques conseils de base.

Les démons sont des traditionalistes et plus votre cercle de rituel sera compliqué, plus vous aurez investi en bougies noires et en sang de chèvre, plus le démon aura tendance à se dire qu’il n’a pas affaire à une bande de rigolos.

Évitez de rompre le cercle de protection. Le démon est dedans et ne peut en sortir, vous êtes dehors et restez-y !

Ne vous faites pas avoir… c’est à vous de rédiger le pacte que vous signez de votre sang, puis le démon doit le parapher. 90% des accidents arrivent lorsque par flemmardise, un étudiant demande au démon de rédiger le contrat et tend la main pour ensuite signer.

Lorsque le pacte est signé, vous pouvez ouvrir le cercle pour lui permettre de sortir, mais soyez toujours sur vos gardes à ce moment.

Il va sans dire que les termes du contrat sont importants. Cela dit, par la suite, lorsque vous connaîtrez bien un démon, vous pourrez vous permettre de faire des contrats oraux avec lui, mais je vous conseille de ne pas baisser votre attention pour autant. Il vous fera payer la moindre erreur au prix fort.

Ce cour touche à sa fin, aussi avant de vous quitter, j’aimerais vous recommander les démons suivants : Gardul, Tradam et Fulgor. Des démons en qui vous pouvez avoir confiance pour vous aider dans toutes les situations : retour de l’être aimé, problèmes d’argent, d’érection, perdu dans l’Éther ou entouré de dragons rouges, ces trois démons sauront toujours combler vos attentes. 

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